Connexion
Clinique Vétérinaire Brocéliande
Rue du grand Jardin - 35400 Saint Malo - Tél : 02 99 81 94 51

L'éducation du chiot


L’âge idéal d’adoption d’un chiot se situe aux alentours de 2 mois. A cet âge, sa mère lui a déjà inculqué certaines bases d’éducation. Sa famille d’adoption devra ensuite poursuivre cette éducation afin qu’une relation harmonieuse s’établisse entre le chien et sa nouvelle “meute”.

La connaissance de quelques données concernant le développement du chiot va permettre d’éviter certaines erreurs parfois à l’origine d’une incompréhension entre le chiot et ses maîtres et de limiter le risque d’apparition de certains troubles comportementaux chez l’animal.

Ces éléments sont d’autant plus importants à connaître si vous avez adopté un chiot très jeune (mère décédée ou qui délaissait ses petits, chiot d’un refuge...) car sa mère n’aura alors pas forcément pu lui délivrer une éducation de base.


1. L’attachement du chiot à la famille



A la naissance, le chiot s’attache fortement à sa mère. Cet attachement va permettre au petit d’explorer son milieu sans appréhension et d’apprendre à communiquer avec les autres chiens de la meute. A l’arrivée dans son nouveau foyer, le chiot va tout naturellement recréer ce lien particulier avec un des membres de la famille, lien qui lui permettra d’appréhender son nouveau milieu de vie sans crainte.

Lorsque le chiot atteint l’âge de 4 à 8  mois, la chienne se “détache” de lui afin qu’il se lie avec tous les membres du groupe et non plus seulement sa mère. Cette étape est indispensable pour que le chien devienne capable de vivre sans la présence constante de sa mère.

Il en est de même au sein du foyer : la mise en place d’un “détachement” va permettre au chien de pouvoir rester seul à la maison sans anxiété et d’explorer diverses situations sans besoin d’un contact visuel permanent avec l’un de ses propriétaires.
Ce détachement se fait en laissant le chiot seul à la maison sur des périodes progressivement de plus en plus longues et en lui apprenant à ne plus suivre le propriétaire auquel il s’est attaché partout dans l’habitation (par exemple, apprendre au chiot à rester seul dans son panier, le temps d’un film, sans qu’il puisse observer ce que font ses maîtres au salon...)


2. La découverte du monde extérieur



L’exploration du milieu extérieur et la rencontre avec un grand nombre d’espèces est indispensable au bon développement du chiot.


Un chiot va présenter de l’anxiété et de la peur face à toute chose qu’il n’a pas rencontrée au cours de ses 3 premiers mois de vie. Il est donc très important de lui faire découvrir un environnement très riche, ce dès son adoption, pour qu’il soit capable de s’adapter à un maximum de situations nouvelles par la suite. Pour cela, il convient de le sortir très fréquemment, dans des environnements les plus divers possibles afin qu’il s’habitue à toutes sortes de bruits extérieurs, à toutes sortes d’objets, qu’il soit confronté à un maximum d’êtres humains différents (enfants, jeunes, personnes âgées avec une canne, personnes en  uniforme...) ainsi qu’à un maximum d’espèces animales (chiens, chats, rongeurs, vaches...)
Cette étape sera particulièrement importante si le chiot vient d’un environnement pauvre en stimuli ( chiot provenant d’un chenil, élevé isolé à la campagne...)

Cette adaptation au monde extérieur est indispensable au développement correct de votre chiot. Les chiens n’ayant pas été habitués à leur futur milieu de vie deviennent très peureux et peuvent développer plusieurs sortes de troubles:
- Un retard d’acquisition de la propreté peut survenir car le chiot surveille avec anxiété tout ce qui se passe à l’extérieur et n’ose faire ses besoins qu’une fois rentré à la maison, milieu où il se sent en sécurité.
- Un comportement agressif peut également être observé chez ces chiots: ils attaquent, par peur, les objets ou les personnes qui lui inspirent une grande crainte.



3. Les jeux et contacts avec le chiot



A partir de l’âge d’1 mois, la chienne, durant les jeux, apprend à ses chiots, lorsqu’ils dépassent un certain seuil d’excitation, à se calmer . Elle leur apprend également à ne pas blesser les autres au cours des séances d’amusement.
Pour ce faire, elle immobilise le chiot sur le dos face à tout comportement qu’elle juge excessif.
A l’âge de 2 mois, le chiot doit tout à fait être capable de se calmer après une phase d’excitation et de ne pas mordre et faire mal quand il joue:
Il n’est pas “normal” qu’un chiot mordille sans retenir sa morsure et qu’il vous laisse des traces sur les bras ou les jambes lorsqu’il joue avec vous.

Il faut donc, à l’adoption du chien, continuer à lui apprendre à se “contrôler”:
- Si le chiot mord au cours du jeu, lui donner un ordre bref:”non” et arrêter immédiatement le jeu
- Eviter les jeux de mordillement
- Eviter les jeux de traction qui lui apprennent à “tenir la morsure”

Il n’est pas toujours aisé de communiquer avec son chien comme pourrait le faire sa mère. Il peut alors être très intéressant de mettre votre chiot régulièrement en contact  avec un chien adulte bien équilibré. Ce dernier lui apprendra alors les règles de vie en communauté et saura lui fixer les limites à ne pas franchir (dans le jeu par exemple).





4. La place du chiot dans sa nouvelle famille


Tout comme au sein d’une meute de chiens, une “hiérarchie” doit s’instaurer dans la nouvelle famille du chiot pour qu’il s’y sente à l’aise.
Dans une meute, les adultes apprennent certains rituels au chiot pour lui faire respecter son statut hiérarchique. Ces rituels concernent l’accès à la nourriture, le lieu de couchage et les contacts entre les différents individus de la “meute”. La façon dont le chien va se percevoir au sein de la famille va donc dépendre de prérogatives auxquelles il aura droit.

Le respect de quelques règles simples pourra limiter le risque  de voir le chien devenir “dominant”.
- l’accès à la nourriture : le repas du chiot doit avoir lieu dans un lieu tranquille, après celui des maîtres et la gamelle doit être retirée 15 minutes après le début de chaque repas. L’animal ne doit, par ailleurs, rien obtenir “à table” .
- La gestion de l’espace : une place bien précise doit être attribuée au chiot pour dormir. Ce lieu de couchage doit se situer à un endroit calme, en-dehors des lieux de passage (le chien ne doit pas pouvoir “surveiller” en permanence ce que font les membres de la famille) et personne ne doit l’y déranger.
- La gestion des contacts : Les propriétaires doivent, autant que possible, être à l’initiative des interactions entre eux et le chien. Ils doivent décider des temps de jeux, des moments de “pause caresses”, des heures de sorties (hormis lorsque le jeune chiot est en cours d’apprentissage de la propreté et qu’il manifeste l’envie de faire ses besoins à l’extérieur).
- La gestion de la sexualité : Les chevauchements (qu’ils soient réalisés sur les jambes des maîtres ou sur des objets) doivent être interdits.




5. L’apprentissage de la propreté


L’acquisition de la propreté chez le chiot nécessite un apprentissage.
Voici quelques conseils qui vous permettront de lui apprendre à faire ses besoins à l’extérieur:

- L’apprentissage de la propreté doit se faire dans un environnement calme
- Le chiot fait généralement ses besoins à son réveil, après un repas ou après un moment de forte excitation. Ces trois périodes sont donc des moments à privilégier pour sortir votre chiot
- Le chiot est très réceptif aux récompenses: il faut donc absolument l’accompagner lors de ses sorties pour le féliciter chaleureusement lorsqu’il a fait ses besoins dehors. Il sera ainsi incité à faire dehors plutôt qu’à l’intérieur.
- Le chiot ne doit pas rentrer tant qu’il n’a pas fait ses besoins, de même, il convient de ne pas rentrer juste après sous peine de voir le chien faire ses besoins le plus tard possible pour prolonger la promenade...

Les comportements à éviter:
- Punir le chien a posteriori ou lui “mettre le nez dedans” n’a aucun intérêt ( le chien ne comprend pas ce qui lui est reproché). Au contraire, ce comportement risque d’inciter le chiot à dissimuler ses besoins et de le rendre anxieux ( Par exemple, voyant que vous le grondez tous les matins, il pourrait alors uriner par peur juste au moment où il vous entend vous lever...)
Vous pouvez par contre lui dire “non” et le sortir rapidement si vous le voyez en train de se préparer à uriner.
-  L’apprentissage “au journal” est déconseillé. Il est très difficile pour le chiot de comprendre qu’au retrait du journal, il n’a subitement plus le droit de faire à un endroit précis de l’habitation où il lui était possible de faire ses besoins jusque là.

La propreté doit être acquise au plus tard vers l’âge de 5 mois. Si ce n’est pas le cas, cela peut révéler un petit trouble comportemental qui retarde cet apprentissage. N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire qui pourra diagnostiquer le trouble et vous proposer des solutions.


Le défaut d’acquisition de certaines bases d’éducation pourra être à l’origine de l’apparition de divers troubles chez le chiot: animal “anormalement nerveux”, hyperactif, chien peureux, agressif, qui ne supporte pas de rester seul ou encore chien qui ne parvient pas à devenir propre...

Au cours de la première consultation vaccinale de votre chiot, le vétérinaire effectuera quelques  tests simples qui lui permettront de s’assurer du développement correct de votre animal ou, au contraire, de mettre en évidence d’éventuelles anomalies. Il vous proposera, dans ce cas, des conseils ciblés visant à faire disparaître ces comportements anormaux voire un traitement si les anomalies décelées sont plus marquées.


© Copyright Vetup 2011


VETOPEDIA
Fiche conseil


Mon animal est opéré

Une intervention chirurgicale est toujours une étape angoissante pour le propriétaire. Il faut comprendre les enjeux d’une opération. N’hésitez donc pas à bien poser toutes vos questions à votre vétérinaire. 
Lire la suite